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Message  Norah le Lun 5 Oct - 18:55

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Message  Norah le Lun 5 Oct - 20:33

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Message  Norah le Mer 7 Oct - 21:19

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Message  Norah le Jeu 15 Oct - 20:57

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Message  Norah le Dim 18 Oct - 17:07

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Message  Norah le Mer 21 Oct - 17:00

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Message  Norah le Sam 24 Oct - 19:35

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Message  Norah le Mar 27 Oct - 19:34



Dernière édition par Norah le Dim 22 Nov - 18:34, édité 2 fois
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Message  Norah le Jeu 29 Oct - 21:49

Mercredi 28 octobre
L'odeur du Lys
http://terrae-world.tonempire.net/salle-d-entrainement-air-f33/retrouver-des-souvenirs-ou-peut-etre-les-partager-prive-t2109.htm#74295

Passé
Quoi que je fasse, je ne peux m’empêcher de me tourner vers mon passé, ni bon, ni mauvais. Je n’ai pas encore trouvé le courage de me confier véritablement à quelqu’un. J’ai perdu la seule personne à qui je faisais vraiment confiance, à qui je pouvais tout dire. J’ai perdu une partie de moi-même. Serais-je capable de la reconstruire ?
Je suis née dans un petit village de Bretagne, j’ignore où exactement car je n’y aie plus jamais remis les pieds quelques jours après ma naissance. J’ai vécu quatre ans de ma vie en Angleterre. Mon père était souvent absent, et ma mère n’était pas plus présente que lui, bien qu’elle me témoignât beaucoup d’amour. J’admirai ma mère pour ce qu’elle faisait et je l’admirai en tant que femme. Elle avait réussi sa vie et elle faisait ce que bon lui semblait sans en oublier ses proches. Au contraire, mon père était constamment plongé dans les chiffres et dans cette Bourse qui rythme la vie de nombreux businessmen. Il ne se souciait de moi que pour vérifier que je suivais bien son « programme ». Il s’agissait en fait de faire de moi une artiste douée dans tous les domaines et intelligente. Je devais, également, être le fils qu’il n’avait pas eu.
Durant l’année de mes quatre ans, nous avons déménagé dans la demeure principale de la famille Liefers, à Osaka au Japon suite à la mort du précédent « chef de famille », mon grand-père paternel. Les choses n’ont pas beaucoup évoluées, si ce n’est que des cours de japonais s’étaient ajoutés à la longue liste que je me devais de savoir faire. Je n’en demeurais pas moins une petite fille souriante qui était toujours partante pour faire une bonne blague à ses gouvernantes. Lorsque mes parents rentraient, j’avais droit à une succession de visites, aussi bien chez moi que chez les autres. J’en profitai pour me détendre et me faire des amis d’un soir que mon père ne voyait jamais assez digne de moi.
Je me souviens qu’un jour, je dus donner un mini concert au piano devant certains de ses collègues. J’avais pris ça à la légère. J’avais commencé doucement, par des classiques puis j’avais fini par des mélodies de mon cru. Ils applaudirent, impressionnés, mais pas mon père. Non, au contraire, il semblait fou furieux. Mon sourire, fière, s’effaça petit à petit pour laisser place à une immense déception. J’étais une artiste, comme ma mère, alors pourquoi ne m’appréciait-il pas à ma juste valeur ? Pourquoi ne m’aimait-il pas autant qu’elle ? Les cours de piano qui suivirent furent difficile et d’une extrême rigueur. Mon cher père assistait à chacun d’entre eux avec attention, me réprimandant à chaque faux pas.
A mes sept ans, je me retrouvai dans la piscine, en pleine hiver. Mon père chronométrait le temps durant lequel j’étais capable de nager sans l’aide de mes mains. Le froid engourdissait chacun de mes membres et la fatigue m’envahissait peu à peu. Je me sentis sombrer dans l’eau glaciale. J’entendis la voix, hystérique, de ma mère. Je l’entendis plonger dans cette eau. Je la sentis me remonter à la surface. Je ne sentis pas ma respiration. J’étais dans le noir le plus complet. J’avais longtemps cru que lorsque l’on mourrait, l’on voyait sa vie défiler devant ses yeux. Même si j’étais bien trop jeune pour avoir vécu une « vrai » vie, j’avais espéré voir mon futur. Je me réveillai dans un lit d’hôpital. Pour la première fois. Ce jour-là, j’appris que j’étais de constitution fragile et que le sport m’était fortement déconseillé. On me dit que j’avais un asthme sévère. Pourtant, je n’avais eu aucune crise auparavant et je n’avais aucune difficulté à respirer. Enfin, je tombai rarement malade. Je n’apprendrai que plus tard que j’avais une maladie du cœur extrêmement rare mais que les médicaments que l’on utilisait pour l’asthme était efficace pour ce que j’avais. Ce n’est pas tant le fait d’être malade qui me déplaisait, c’était plus le fait de devoir prendre des comprimés tous les jours, et de balader un inhalateur dans mes poches. C’était pour moi une façon de crier au monde : « Regardez ! Je suis malade ! »
A la veille de mes dix ans, mes parents m’annoncèrent qu’ils attendaient leur premier fils. Les yeux de mon père pétillaient de bonheur. Puis le jour fatidique arriva. Ils l’appelèrent Darren. Je n’étais pas jalouse de lui. Au contraire je l’aimais profondément…
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Message  Norah le Mar 3 Nov - 0:40

Lundi 2 Novembre
Comment se dégourdir les doigts
http://terrae-world.tonempire.net/salle-de-musique-f72/un-souffle-devenue-ouraganlibre-t2142.htm#75593

...

Un grand repas fut organisé. Toute la famille Liefers y était conviée. J’en connaissais chaque membre, de l’arrière grand-tante la plus éloignée à mon cousin le plus proche par le sang. Pour la plupart cependant, je n’avais jamais eu l’occasion de les voir. Une femme de forte corpulence vint me serrer, un peu trop brusquement à mon goût, contre elle.

- Ma petite Norah ! Mon petit rayon de soleil ! C’est fou ce que tu as grandi ! Tu es une vraie petite femme dis moi !

Elle parlait français. C’était ma grand-mère maternelle. Je trouvais qu’elle était une personne extraordinaire. Elle était de ces personnes qui dégageaient quelque chose de vrai et que l’on a envie que d’aimer. D’elle, j’avais hérité ses yeux bleu nuit et ma chevelure d’ébène. Elle me reposa à terre, en se rendant qu’elle avait presque failli me tuer !

Elle resta quelques jours au Japon, avant de regagner sa chère France au mois de décembre. A son départ, tout changea pour de bon. Mon père restait plus longtemps à la maison, afin de profiter de mon adorable petit frère. Je n’avais pas le droit d’approcher ce dernier. Ils avaient peur que je lui fasse du mal, même sans le vouloir : « Il est très fragile tu sais. » La bonne excuse servit à toutes les sauces. Ne supportant plus d’être ainsi mise à l’écart, je demandai à ce qu’on m’envoie quelques temps en France.

J’y vécu de mes onze ans jusqu’à mes douze ans et demi, à Paris chez ma grand-mère prénommée Sophie. C’est là-bas que j’ai côtoyé pour la première fois des enfants de mon âge et venant de milieu différent. Je découvris que Sophie était fleuriste. Elle m’a beaucoup appris sur la signification des fleurs. Ça me faisait plaisir d’apprendre autant de choses à ses côtés même si ça ne me servait à rien. Lorsqu’enfin je dû partir, j’eus l’impression qu’on m’arrachait le cœur.

J’en voulus terriblement à mes parents. Je crois que c’est à partir de là que j’ai commencé à ressentir l’Appel. Quelle ne fut pas la surprise e père et mère lorsqu’ils découvrirent que je n’étais plus la fillette insouciante toujours prête à se plier à leur volonté ! J’avais finalement pris conscience que la vie n’était pas aussi belle qu’on avait longtemps voulu me faire croire. Je n’hésitai pas à leur dire leurs quatre vérités. Ils hésitèrent entrent m’envoyer en pension et… l’appartement. Je vécu seule au centre de Tokyo, livrée à moi-même. J’étais vraiment seule, sans personne à qui parler, sans gouvernantes, sans Sophie, sans fleurs, sans amis, sans rien. Je ne savais pas cuisiner, je n’avais jamais fait de courses et surtout, je n’avais jamais vécu sans encadrement.

C’est ainsi que je commençai à me familiariser avec le monde de la nuit, à mes risques et périls. Je me procurai vite une moto, qui devint aussi vite ma première amie dans cette vaste ville.
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Message  Norah le Mar 3 Nov - 22:18

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Message  Norah le Jeu 12 Nov - 21:59

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Message  Norah le Sam 14 Nov - 16:50

Samedi 14 Novembre

On dit souvent que c'est mauvais de ressasser de vieux souvenirs, surtout s'il font mal...


La veille du 21 janvier 2006, la veille de mes quatorze ans je le rencontrais. Hayato. Je me souviens qu’il s’était approché timidement de ma redoutable moto. Pendant ce temps-là, je m’achetai un café à un distributeur.

- Hum hum…

Je m’approchai, le toisant froidement. Il se retourna en sursautant, la main sur le siège. D’un mouvement de la tête et d’une réplique au ton sec, je le vis se rapprocher de moi.

- Retirez vos sales pattes de là.

Il laissa tomber ses mains à ses côtés et me regarda longuement avant de me dire :

- Ça te dit un karaoké ?

Mes traits dessinèrent un air surpris.

- Je ne vous connais pas.

Sur ce je le contournai sans un regard et m’installai sur mon seul et unique amour jusqu’à ce jour.

- Raison de plus… Je suis Hayato Honda…

Voyant que je ne réagissais pas, il poursuivit hésitant :

- Ton voisin de palier.

Je me tournai vers lui et haussai un sourcil ironique :

- J’en ai rien à foutre.

- Si tu veux pas, je viendrai te harceler chez toi, je mettrai la radio à fond, je volerai ton courrier, je…

A chacune de ses idées, je répliquai :

- Je ne réponds aux harceleurs, j’adore la musique, je ne lis pas mon courrier, je…

Il soupira, et pour la première fois, je le regardai vraiment. Il avait de grands yeux vert et une chevelure d’un blond à couper le souffle. Je me suis même demandé s’il était bien japonais. Pourtant le reste était typique du pays et son accent était celui de l’île d’Hokkaido.

- Juste pour cette nuit…

Son ton était presque suppliant. Mon regard s’adoucit.

- T’as pas d’amis ?

Il eut un sourire. Un sourire qui me fit craquer. Je soupirai à mon tour et l’invitai à l’arrière de ma moto. Je m’amusai comme une folle. Nous faisions tout et n’importe qui. Je n’avais jamais vécue une soirée comme celle-ci, c’est pourquoi elle resta gravée dans ma mémoire. Lorsque vint enfin le moment de nous quitter, il n’avait même plus la force de se lever. Il avait trop bu. Je suis partie en toute discrétion, lui déposant quelques billets dans ses bras inertes.

Le lendemain, je le revis. Il arborait un air fatigué, signe que son excès d’alcool n’était pas passé. J’avoue que, dès le matin, se retrouver face à quelqu’un comme ça en sortant de chez soi, ça déstabilise. Mais, ce n’est pas ça qui me surpris le plus. Ce fut lorsqu’il me lança un petit sachet.

- Tu as oublié ça hier…

J’ouvris le paquet pour vérifier le contenu. Je le regardai froidement. J’étais persuadée qu’il y avait jeté un coup d’œil aussi. La boîte dans le sachet était entrouverte, il n’avait pas su la fermer correctement… ou bien il l’avait cassée.

- Je t’en rachèterai une plus tard, promis.

Pour toute réponse, il eut droit à un regard noir. Je descendis rapidement les marches de l’immeuble, évitant soigneusement de répondre à ses excuses qui résonnaient dans la cage d’escaliers. Ce fut d’un pas rapide que je me rendis au collège ce jour-là.

J’avais peu « d’amis ». Et encore. Je ne les considérais pas vraiment comme tels. C’était plutôt eux qui me collaient durant les pauses. L’un d’entre eux me portait un intérêt tout particulier. Il n’avait même pas besoin de prononcer ne serait-ce qu’un mot, ses yeux bleus lagon parlaient pour lui. La plupart des personnes ignorent lorsque quelqu’un d’autre éprouve des sentiments pour elles. Moi au contraire, j’avais une sorte de « don » pour ça. Les autres me semblaient pâles, vides. J’arrivais à deviner leurs pensées rien qu’en les regardant. C’était sûrement ce qui m’avait fait perdre le goût de la vie. J’aimais les surprises, les bonnes surtout, et cette vie là ne m’en faisait malheureusement pas. Il s’appelait Iruka . Je n’ai jamais pu retenir son nom de famille, trop long et compliqué. Il parvint à me coincer dans une classe déserte. Je savais exactement ce qu’il voulait.

- Excuse-moi. Je n’ai pas le temps pour ce genre de choses.

Je me rappelle très bien son regard hébété. Il baissa la tête. Il me faisait me sentir fautive ! Ce que j’avais pensé pour me consoler c’était : « Ce n’est pas moi qui éprouve des sentiments sans importance pour une fille qui n’en vaut pas la peine ! » Comment pouvait-on être aussi bête pour tomber amoureux de moi ? Je déposai un baiser sur son front, tout en essuyant ses larmes du bout des doigts. Jusqu’à ce jour, je n’avais jamais vu un homme pleurer pour de pareilles absurdités.

- Je ne suis pas la personne qu’il te faut, cherchai-je à le consoler.

Puis, je l’abandonnai, le laissant seul avec son chagrin. En sortant de la salle, je retins un cri de surprise. Je me retrouvai nez à nez avec Hayato.

- Tu me suis ? demandai-je glaciale.

- Apparemment…

Nous restâmes face à face, jusqu’au moment où il fallut que je regagne ma salle de cours.

- 18h, le parc derrière le lycée !

Si je m’y attendais ! Il semblait plus sûr de lui qu’auparavant. Son regard émeraude était plein de défis… mais aussi d’espoirs. Je lui lançai un sourire énigmatique.

- Tâche de venir avec une boîte de rechange, répondis-je cassante, Et des gants.

Nous étions en plein hiver, et il neigeait énormément. Il neigeait tellement que nous nous enfoncèrent jusqu’au mollet dans la neige. Tandis qu’il s’installait tranquillement sur un banc glacé, j’allais chercher un chocolat chaud chez un vendeur ambulant non loin de notre lieu de rendez-vous. Je ne lui en rapportais pas. Il ne semblait avoir ni froid ni soif. Je fus la première à engager la conversation.

- Qu’est-ce que tu me veux exactement ?

- Je voulais m’ex…

- Je sais ça, le coupai-je sèchement, Mais encore ?

Il hésita un instant. Ses yeux se baladèrent dans la neige encore pure. Il soupira. Des volutes de fumée s’échappèrent de sa bouche.

- Qu’est-ce que c’est comme maladie ?

J’eus un rire nerveux.

- C’est bizarre, je m’en doutais que tu me poserais cette question. Je te répondrai : Ne t’a-t-on jamais appris à respecter la vie privée des autres ?

Il se leva et se rapprocha de moi. Il se rapprocha tellement, que je reculai d’un pas en renversant du chocolat sur ses chaussures pour lui signifier de ne pas recommencer. Il eut un petit rire mais ne bougea pas plus.

- Je me demandai juste ce que c’était. Et puis, je pense avoir le droit de savoir maintenant. On est intime !

A mon tour je ris, moqueuse.

- Parce que partager une place sur une moto et boire une bière ensemble c’est être intime.

- Tu as oublié le karaoké ? En général c’est entre amis qu’on le fait. Donc on est amis maintenant.

- Des connaissances rien de plus.

Je portai la boisson chaude à mes lèvres, mais ne le quittai pas des yeux. Je crois d’ailleurs, que même si je l’avais voulu, je n’aurais pas pu. Il me fascinait. Il avait l’air différent des autres. De plus, il était assez changeant, ce qui ne me facilitait pas la tâche pour « lire dans ses pensées ». Sans que je m’en rende compte, il était devenu l’être indispensable à ma vie. Je soufflai et levai les yeux au ciel en tendant ma main.

- Quoi ? demanda-t-il.

Je me retins de rire devant son air ahuri.

- Je t’ai dit de venir avec une nouvelle boîte et des gants tu as oublié ?

- Euh… Pourquoi les gants ?

Je soupirai et rétorquai sèchement :

- Pour pas que t’es froid aux mains triple abruti !

- Pourquoi triple ?

- Tu préfères quadruple ?

Il soupira à son tour et sortit une boîte de sa poche. Il la tint en suspens au dessus de ma main et me fixa un sourire aux lèvres.

- Maladie…

Je saisis vivement l’objet, sans qu’il ait le temps de réagir.

- Asthme, répondis-je en tournant les talons.

- Menteuse, me lança-t-il alors que j’étais à plus de cinq mètres, Ma petite sœur fait de l’asthme et elle ne prend pas la gélule bleue… avec un nom super compliqué.

Sans le regarder, je lui demandai presque agressivement de me laisser tranquille et que ça ne le regardait pas. Il ne m’écouta pas et me bombarda de questions jusqu’à ma porte d’appartement auxquelles je ne répondais que par un silence. Je lui fermai la porte au nez mais je l’entendis appeler sa sœur au secours. Je ris doucement. Rire qui s’interrompit devant le silence pesant qui régnait à cet instant dans le couloir de l’étage. J’entrouvris la porte et découvris une petite fille souriante à la chevelure aussi éclatante que son frère et au regard perçant. Je restai bouche bée devant cette petite fille qui devint aussitôt mon prétexte pour pouvoir encore rester aux côtés de Hayato tout en lui faisant croire que je ne le supportais pas. Ce dernier me regardait, un sourire de conquérant aux lèvres. Je m’accroupis et demandai le nom de cette fillette. Elle ne me répondit pas. Son frère prit alors la parole à sa place.

- Elle s’appelle Arika… et elle est muette.
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Message  Norah le Mar 24 Nov - 16:15

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Re: Carnet de Norah

Message  Norah le Mer 23 Déc - 19:05

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Re: Carnet de Norah

Message  Norah le Ven 22 Jan - 22:39

Vendredi 22 Janvier
Tout le monde mange, même les plus grands.
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Re: Carnet de Norah

Message  Norah le Lun 25 Jan - 22:48

Lundi 25 Janvier

Aussi longtemps que tu veilleras sur moi...


Mon regard resta longuement accroché aux yeux bleu-vert de la fillette, avant de la quitter. Je soupirai et les invitai à entrer, tous les deux. Je savais qu’Hayato ne me lâcherait jamais avant d’avoir eu toutes les réponses à ses questions. J’aurais très bien pu l’envoyer balader, comme je l’avais déjà fait auparavant avec d’autres personnes bien moins insistantes mais lui…

Je leur demandai de s’installer dans le salon, tandis que je cherchais à boire dans la cuisine. Je surpris la fillette en train de m’épier depuis l’autre pièce et fermai la porte. Je m’enfilai mes médicaments et apportai du soda et de l’eau. Puis, je m’assis face à eux.

- Bien, j’ai une question moi aussi…, fis-je sans laisser à Hayato d’émettre un son.

Je sentais le regard insistant d’Arika sur moi, comme si elle attendait quelque chose. Hayato hésita longuement avant d’accepter.

- Qu’est-ce que tu faisais au collège ? Je ne t’y ai jamais vu auparavant.

- Bah… Disons que j’espérai t’y voir… Et disons aussi que j’ai pas mal de relations là-bas, c’est pour ça que j’avais l’uniforme si tu savoir. C’est tout ?

- … Non. Je peux savoir pourquoi tu as appelé ta sœur à la rescousse. Et surtout, pourquoi elle me regarde comme ça ?

Elle était magnifique, ça personne ne pouvait dire le contraire, mais son regard insistant commençait sérieusement à me gêner.

- Je crois qu’elle t’aime bien en fait. D’habitude, elle ‘ dévisage pas les gens comme ça. Et si je l’ai amené, c’est parce que je savais que tu ‘pouvais pas…

Un grand sourire vint illuminer le visage d’Arika. A ce moment, je dois avouer que j’étais assez fière de savoir me contrôler et de ne pas avoir lâché un : « Elle est vraiment trop mignonne !! »

- … lui résister, termina-t-il en souriant à son tour.

Est-ce que c’était possible d’être aussi … beau ? Aujourd’hui encore je me le demande. Il s’étira et s’installa plus confortablement sur le fauteuil tandis que sa jeune sœur partait jeter un coup d’œil à la bibliothèque derrière moi.

- Alors cette maladie ? reprit-il.

- Tu ne me laisseras donc jamais tranquille avec ça !

- Non, désolé. L’obstination est le caractère principal de mon programme.

- Ton… programme ?

- C’était une blague !

Je le fixai longuement, perplexe. Une blague, ça ? Lui, me fixai intensément, attendant une réponse à tout prix. Il porta un verre de soda à ses lèvres. Je soupirai et regardai par la fenêtre.

- Reviens me voir demain, à 8h, sans ta sœur si possible. Promis tu auras ta réponse.

Il fronça les sourcils, se demandant sûrement si je le prenais pour un imbécile. Je lui jetai un regard froid, qui en disait long.

- Arika, appela-t-il sans détourner le regard, On y va. Merci pour la boisson.

Ils partirent sans un mot ou regard en arrière. Je soupirai et allai me glisser dans un bon bain chaud.

Le lendemain, il n’oublia pas ma promesse. Moi si. Je ne m’étais pas réveillée assez tôt. Lorsque j’ouvris la porte, un éclair de lucidité frappa mon esprit ensommeillé.

- Ah ! Oui, c’est vrai !

- Et oui… Tu veux peut-être que je te laisse le temps de t’habiller ?

Sur le coup, je ne compris pas. Puis, je réalisais petit à petit que j’étais seulement vêtue d’une chemise. Je le laissai entrer sans un mot et partie enfiler un pantalon. J’attrapai au passage mon certificat médical, celui qui attestait de ma maladie du cœur. Je le lui tendis, silencieuse, et le laissai lire. Je me recroquevillai dans le fauteuil en face, posant ma tête sur l’accoudoir. Au bout d’un quinzaine de minute, il soupira et demanda en levant les yeux vers moi.

- Ça existe vraiment ça ?

- Faut croire. La sœur de ma mère l’avait aussi et mon arrière grand-mère aussi. Héréditaire apparemment.

- Je suis désolé…

- C’est toi qui me l’a passée ?

- Euh… non.

- Alors t’excuse pas. Ça m’énerve.

- Pourtant t’as l’air calme.

Je soupirai et fermai les yeux.

- Elle est pas mal ta moto.

- Merci.

- T’as quatorze ans ?

- Oui.

- Tu sais que tu pourrais te faire arrêter ?

- Pourquoi tu me dénonces pas ?

Il soupira lui aussi. Il ne semblait pas vouloir partir malgré mon agacement apparent.

- Pourquoi t’es aussi froide avec les gens ?

- Pourquoi je serais gentille ?

- Tu t’appelles Liefers non ?

- Et…

- J’ai un tableau de ta mère dans mon salon. Mon père adore.

J’ouvris un œil et le vis en train de sourire, satisfait.

- Il fait quel métier ?

- Avocat.

- Et ta mère ?

- Procureur au Paradis.

- Ah.

Un long silence s’installa. Il se racla plusieurs fois la gorge avant de poser une nouvelle question, puis une autre. J’appris des choses sur lui. Je lui en appris bien moins sur moi. Il avait deux ans de plus que moi, il avait cessé d’aller en cours depuis moins d’un an, après avoir fréquenté des Yankees. Sa mère avait donné sa vie en échange de celle d’Arika. Elle était sa petite sœur chérie, son « bien » le plus précieux. Son père était un avocat qui commençait à être connu et était un père modèle. Lui, connaissait déjà les grandes lignes de ma vie, par les journaux et son père, qui avait beaucoup entendu parler du mien. Je sentais mon cœur ralentir au fil de la conversation et finis par m’endormir. Je l’entendis m’appeler plusieurs fois mais je me sentais bien incapable de répondre. Je le sentis me soulever et me reposer sur une surface plus confortable. Je l’entendis ouvrir quelque chose, en faire tomber d’autre… Puis le vide.
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Re: Carnet de Norah

Message  Norah le Sam 24 Avr - 19:45

Samedi 6 Février
Visite aux morts.
http://terrae-world.tonempire.net/les-plaines-f92/juste-une-petite-visite-norah-t2571.htm


Tu me hantes
Et le pire...
C'est que je ne veux surtout pas que ça s'arrête.


Le soleil était déjà haut dans le ciel lorsque j’ouvris les yeux. En premier, je vis le plafond. Un blanc parfait. Les battements que j’entendais près de moi étaient agréablement réguliers. Ils étaient accompagnés par un souffle, calme et timide. Je tournai la tête et rencontrai deux billes vert-bleus.

- Salut.

La fillette me sourit. Je souris à mon tour et me redressai péniblement. A l’autre bout de la pièce, Hayato dormait. Je me retournai vers Arika et compris à travers ses yeux qu’il avait veillé longuement à mes côtés. Elle me tendit un calendrier et me montra une date.

- Deux jours ? Vraiment ?

Elle acquiesça. Je pris le coussin qui calait auparavant ma tête et le lançai sur le garçon endormi. Il grommela et ouvrit un œil.

- C’est pas trop tôt, grogna-t-il, La prochaine fois, préviens quand tu fais un attaque comme ça. Si je…

Déjà je ne l’écoutais plus. Il parlait trop et son ton de reproche ne me plaisait pas.

- Je ne t’ai obligé à rien. Tu as décidé de rester de ton plein gré alors tu peux te garder tes remarques, le coupais-je agressivement.

L’effet fut immédiat. Il se tut, se leva, prit son manteau sur la chaise face au bureau et tendit sa main à sa jeune sœur qui fit non de la tête.

- Dépêche-toi Arika. Mademoiselle la princesse a besoin de se calmer.

Je le regardai froidement avant de me tourner vers la fillette qui me prit la main. J’eus un mouvement de recul mais finis par accepter ce contact.

- Si elle a envie de rester, laisse-la. Je vais pas la manger, assénai-je sèchement.

- J’ai pas de conseil à recevoir de toi.

Je soupirai, agacée. Ce garçon ne savait pas ce qu’il voulait. Soit il insistait pour venir chez moi malgré tout ce que je pouvais lui dire, soit il s’emportait pour une malheureuse remarque et tout ce pourquoi il s’était « battu » n’avait plus aucune espèce importance.

Arika me jeta un regard implorant. Je soupirai de plus belle. Cette gamine m’avait à sa merci. Ça devrait être interdit d’être aussi mignonne.

- Tu ne vas pas l’obliger à faire quelque chose qu’elle n’a aucunement envie de faire ! répliquai-je.

Il nous jeta un regard dur qui me fit presque regretter mes paroles et mon comportement, puis s’en alla sans un mot.

Une fois que j’entendis la porte d’entrée claquer avec violence, je me levai du lit, la main de la fillette toujours dans la mienne, je l’emmenai dans la cuisine où j’allumai la petite télé sur la table au centre de la pièce sur la chaîne des dessins animés. Je lui proposai diverses boissons mais les refusa toutes. Tandis qu’elle avait les yeux rivés sur l’écran, je m’accoudai à la fenêtre et inspirai profondément. Je jetai quelques coups d’œil à Arika. Elle semblait très concentrée. Ça me fit sourire. Soudainement, elle leva les yeux et prit un crayon et une feuille posés derrière elle. Au dos de ladite feuille, j’avais gribouillé la liste de mes courses. Je l’observai écrire de sa petite main avec attention, puis elle leva la feuille.

« Emmène-moi sur ta moto »

Je levai un sourcil, surprise.

- C’est ton frère qui t’a parlé de ça ?

Elle acquiesça, un grand sourire aux lèvres. Quelque peu gênée, je passai une main dans mes cheveux en regardant le ciel. Je soupirai, avant de finalement la prendre dans mes bras.

- Go on, young lady, fis-je en riant à demi.

Nous parcourûmes la ville durant toute la matinée, malgré mes premières appréhensions.

Alors que nous arrivions sur notre palier commun, tout sourire aux lèvres, je vis Hayato adossé à sa porte, nous jetant un regard presque noir. Sa colère apparente n’était qu’une façade j’en étais certaine car il y avait quelque chose dans son regard qui ne dupait personne.

- J’ai sonné. Trois fois.

Je le fixai longuement, avant de déposer un baiser sur le front de la fillette. Je la poussai doucement vers son frère. Elle rentra directement chez elle. Mon sourire s’éteint tandis le sien, à lui, se peignait petit à petit sur son visage.

- Quoi ? demandai-je froidement.

Il secoua la tête, comme s’il se retenait de rire. Ce fut à mon tour de lui lancer un regard noir. Je rentrai chez moi… puis attendis le son de sa porte qui se fermait.
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Re: Carnet de Norah

Message  Norah le Jeu 22 Juil - 13:25

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Re: Carnet de Norah

Message  Norah le Jeu 22 Juil - 14:01



Les jours passèrent, et chacun de ces jours la fillette vint me rendre visite. Je l’emmenai parfois faire un tour en moto, lorsqu’elle le demandait. Et d’autres fois, elle se contentait de rester assise dans le salon à tourner les boutons de ma radio. C’était l’une des choses qu’elle appréciait le plus.

Tous les midis, Hayato attendait que sa sœur rentre à la maison, puis me souriait. Comme si tout allait bien.
Un soir, alors que je ne trouvais pas le sommeil et qu’une idée me trottait dans la tête depuis quelques heures, je préparai une valise et descendis rapidement au garage de l’immeuble. J’y croisai le jeune homme dans la tenue de caissier de la supérette du coin. Il me salua, avec son habituel sourire. Et moi, je lui répondis sèchement que je ne rentrerai pas avant une semaine et qu’il fallait qu’il prévienne Arika.

- Tu vas où ?

- Ça ‘te regarde pas.

- Et si Arika demande, je réponds quoi ?

- N’importe quoi, ce que tu veux ! finis-je par répliquer, agacée.

Il soupira, et ça me fendit presque le cœur. Une fois prête à partir, je lâchai simplement :

- Osaka.

Il me fixa avec des yeux ronds. Je ne lui laissai pas le loisir de m’interroger à nouveau et démarrai rapidement.

J’avais prévu de rendre visite à mon frère, Darren. La visite en elle-même n’avait rien de plaisant, mais je voulais qu’il sache que j’existais. Que je n’étais pas une sorte de souvenir. Ma mère étant seule à la maison, je n’eus pas trop de mal à ce qu’elle m’autorise une visite. Je le trouvais dans son lit, le teint pâle. Sa première et unique question lorsqu’il me vit fut comme un coup de massue :

- Qui es-tu ?

Je ravalai mes larmes et toute ma douleur, et répondis avec toute la douceur dont j’étais capable :

- Ta grande sœur, Norah.

Notre rencontre ne dura pas plus d’une heure. Je passai la nuit dans la demeure familiale et partis au petit matin, sans prévenir personne. Il n’en avait que faire.

C’est abattue que je me retrouvai devant la porte de mon appartement, persuadée que personne ne m’attendait. Persuadée que j’étais seule. C’est alors que j’entendis un raclement de gorge derrière mon dos. Je compris qu’Hayato m’observait. C’est alors que je sentis toute ma fatigue me tomber dessus, et me laissai tomber à terre.

Le lendemain, je me réveillai dans un lit qui n’était pas le mien, dans une maison qui n’était pas la mienne, mais avec un visage familier à mes côtés.

- Enfin réveillée Blanche-Neige, fit Hayato en souriant de toutes ses dents.

Tant de bonheur dès le réveil m’exaspérait.

- Je suis chez toi ?

- Yep ! J’ai cru que tu me faisais encore une crise. J’ai failli t’emmener à l’hosto.

- T’aurais peut-être dû…

Je me souviens parfaitement de son regard inquiet.

- T’as mal quelque part ?

Je fis non de la tête et me levai. Je trouvai mes chaussures et ma valise au pied du lit.

C’est à partir de cet instant, il me semble, que mes rapports avec Hayato s’améliorèrent de jour en jour.

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